[Note 641: Cette rue est fameuse par l'événement désastreux arrivé le 30 mai 1770, au milieu des fêtes données à l'occasion du mariage du dauphin. On venoit de tirer un feu d'artifice sur la place Louis XV; la foule des spectateurs, se portant dans la rue Royale, y rencontra une foule non moins nombreuse qui venoit du côté opposé; et de la violence de ces deux masses qui s'entre-choquoient, il résulta un tel désordre, une presse si horrible, que plus de 300 personnes restèrent mortes sur la place, sans compter un grand nombre d'autres qui moururent après, des suites de leurs blessures.]
TABLEAU HISTORIQUE ET PITTORESQUE DE PARIS DEPUIS LES GAULOIS JUSQU'À NOS JOURS (VOLUME 2/8)
Rue de Rohan. Cette rue, située en face de celle de Richelieu, sur l’ancien terrain des Quinze-Vingts, communique d’un côté avec la rue Saint-Honoré, de l’autre aboutit à la rue de Chartres.
Rue Roquépine. La rue Roquépine a été percée en même temps que la rue d’Astorg, et donne d’un côté dans la rue Verte, de l’autre à la jonction des rues d’Anjou et Quatremère. Elle se prolongeoit autrefois jusqu’à la rue de l’Arcade: ce passage a été fermé.
Rue du Roule. C’est la continuation de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Elle doit son nom au petit village du Roule, réuni à celui de la Ville-l’Évêque, et déclaré ensuite faubourg de Paris. Ce village a porté au treizième siècle les noms de Rollus ou Rotulus; on le distinguoit en haut et bas Roule, et plusieurs titres font mention d’une léproserie ou maladrerie qui s’y trouvoit située, et qu’on a souvent appelée l'Hôtel du bas Rolle et Hôtel du Roule.
Rue Rousselet. Cette rue, percée le long de l’emplacement de l’ancien Colysée, donne d’un côté dans les Champs-Élysées, de l’autre dans la rue du Colysée.
1re Rue Royale. Elle va de la rue Neuve-des-Petits-Champs dans la rue Thérèse. On l’a nommée d’abord rue Neuve-de-Richelieu. On lui donna ensuite le nom de Royale, lorsqu’on fit porter le nom de la Reine à celle dans laquelle elle aboutit.
2e Rue Royale. Elle va de la rue Saint-Honoré à la place Louis XV, à laquelle elle sert de principale entrée de ce côté; elle a été tracée en même temps que cette place[641].
Rue des Saussaies. Elle aboutit d’un côté à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et de l’autre aux extrémités des rues de Surêne et de la Ville-l’Évêque. Elle a porté les noms de rue des Carrières, de la Couldraie, des Saussaies[642], de Chemin de la Saussaie[643], vraisemblablement parce qu’il y avoit dans ce terrain des carrières, des coudres et des saules. Plus anciennement elle avoit été appelée ruelle Baudet.
[Note 642: T. I, p. 162.]
[Note 643: Cens. de l'archev., 1665.]
Rue de la Sourdière. Elle va de la rue Saint-Honoré au cul-de-sac de la Corderie; elle doit son nom à M. de La Faye, sieur de la Sourdière, qui avoit sa maison dans cet endroit. Ce n’étoit, au milieu du dix-septième siècle, qu’une longue allée qui régnoit le long de cette maison et de ses jardins. On voit, par un procès-verbal de 1640, qu’il y avoit trois maisons contiguës qui passèrent au sieur Guiet de l’Épine; et le passage, ayant été élargi, prit le nom de l’Épine-Guiet, et de Guiet-l’Épine. Il est ainsi désigné en 1663; mais dès l’année suivante on le voit sous le nom de la Sourdière, qu’il a conservé.
À l’extrémité de cette rue se trouve le cul-de-sac de la Corderie. On l’a aussi appelé autrefois cul-de-sac Péronnelle, dénomination prise de son emplacement, qu’on nommoit ainsi. On y entre par la rue Neuve-Saint-Roch. C’est maintenant une rue ouverte sur le marché Saint-Honoré, et qui porte le même nom.
Le passage qui conduisoit de cette rue aux Jacobins étoit une ruelle ou cul-de-sac nommé le cul-de-sac de Saint-Hyacinthe, du nom d’un des saints de cet ordre.
Rue de Surêne. Elle aboutit à la rue des Saussaies et au boulevart. C’étoit anciennement un simple chemin qui conduisoit au village de Surêne; et le cimetière de la Magdeleine y étoit situé. C’est dans cet endroit qu’on avoit d’abord placé le marché Daguesseau.
Rue Thérèse. Elle va de la rue Sainte-Anne à la rue Ventadour. On l’ouvrit lorsqu’on aplanit la butte Saint-Roch; et le nom qu’elle porte lui fut donné en l’honneur de Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV. Il paroît cependant qu’elle ne le reçut qu’après la mort de cette princesse: car ce n’est que depuis 1692 qu’on la trouve distinguée de la rue du Hasard, et indiquée sous le nom de rue Thérèse.
Rue Saint-Thomas-du-Louvre. Elle aboutissoit d’un coté à la rue Saint-Honoré et à la place du Palais-Royal, de l’autre à la rue des Orties et aux galeries du Louvre. Ce nom lui vient d’une église de Saint-Thomas, située dans cette rue, et que depuis sa reconstruction on appela Saint-Louis-du-Louvre. On la nommoit anciennement la rue des Chanoines, Strata Canonicorum. On lui donna ensuite le nom qu’elle porte aujourd’hui, Vicus S. Thomæ de Lupera en 1242; S. Thomas de Lupara en 1256, et de Lupera en 1288[644].
[Note 644: Cart. de Sorbonne, fol. 147.--_Cart. S. Germ. Autiss._, folio 52. La partie de cette rue qui dépassoit la place du Carrousel a été détruite.]
Rue Traversière. Elle est ainsi nommée parce qu’elle traverse de la rue Saint-Honoré dans celle de Richelieu. Dans quelques titres qui remontent jusqu’à 1623, elle est appelée rue Traversante, de la Brasserie et du Bâton Royal.
Dans cette rue est un cul-de-sac nommé le cul-de-sac de la Brasserie; il doit ce nom à une maison dite de la Brasserie, qui en faisoit le coin en 1668.
Rue de Valois. Elle a été percée sur l’emplacement des Quinze-Vingts, et donne d’un côté dans la rue Saint-Honoré, de l’autre dans celle de Rohan.
Il y a une seconde rue de Valois qui donne d’un bout dans la rue Saint-Honoré, et de l’autre se prolonge le long du Palais-Royal jusqu’au passage Radziville, où elle donne dans la rue de Beaujolois.
Une troisième rue de Valois, située devant le jardin de Mouceaux, aboutit d’un côté à la rue de Courcelles, et se prolonge jusqu’à la barrière qui porte aussi le nom de Mouceaux.
Rue de Ventadour. Elle aboutit d’un côté dans la rue Neuve-des-Petits-Champs, et de l’autre dans la rue Thérèse. On la nommoit autrefois rue Saint-Victor; ensuite elle s’est prolongée jusqu’à la rue des Moineaux, et sous le nom de Ventadour ou de Lionne, elle se continuoit en 1673 au-delà de la rue Neuve-des-Petits-Champs. Elle tient le nom qu’elle porte maintenant de la famille de Ventadour.
Petite rue Verte. Elle donne d’un bout dans la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l’autre dans la rue Verte.
Allée des Veuves. Cette allée, qui termine les Champs-Élysées, donne d’un bout dans la grande allée, de l’autre sur le quai, à l’extrémité du Cours-la-Reine.
Rue Villedo. Elle traverse de la rue Sainte-Anne dans la rue de Richelieu; et doit son nom aux sieurs Guillaume et François Villedo, intendants généraux des bâtiments du roi et des ponts-et-chaussées, qui avoient, en 1667, plusieurs possessions à la butte Saint-Roch, sur lesquelles cette rue a été ouverte.
Rue des Vignes. Elle aboutit à la grande rue de Chaillot en entrant par l’avenue: c’étoit un chemin sans nom avant 1789.
Rue de la Ville-l’Évêque. Elle commence à la rue de l’Arcade, à l’ancienne extrémité de la rue de la Magdelaine, et finit à la rue des Saussaies. Son nom lui vient du territoire sur lequel elle est située, qui appartenoit à l’évêque et au chapitre de Notre-Dame, et dont plusieurs titres du treizième siècle font mention sous le même nom de Villa Episcopi.
PASSAGES.
Ils sont nombreux dans ce quartier et principalement autour du Palais-Royal.
Passage Radziville. Il est situé dans l’angle des rues de Valois et de Beaujolois, et donne à l’entrée de la rue des Bons-Enfants.
Passages sans nom de la rue de Beaujolois dans la rue Neuve-des-Petits-Champs. Il y en a deux, l’un avant, l’autre après la rue Vivienne.
Passage du café de Foi. Il donne de la rue Montpensier dans la rue de Richelieu.
Plusieurs autres passages sans nom communiquent encore le long de la rue Montpensier à divers points de la rue de Richelieu.
Passage Saint-Guillaume. Il communique de la rue Traversière à la rue de Richelieu.
Passage Saint-Roch. Il est situé auprès de cette église et communique de la rue Saint-Honoré à la rue d’Argenteuil.
QUAIS.
Quai des galeries du Louvre. Il commence au premier guichet, appelé de la rue Froi-Manteau, et finit au bout du Pont-Royal. À l’entrée de ce quai est le port Saint-Nicolas, lequel a pris son nom de l’église collégiale qui en étoit voisine. C’est à ce port qu’abordoient, avant la révolution, les marchandises qui venoient des pays étrangers en remontant la Seine. C’est encore là que l’on décharge aujourd’hui les barques qui apportent les productions de la Normandie, etc. Avant la construction du nouveau pont, dit Pont des Arts, on passoit la rivière à cet endroit dans des bateaux.
Quai des Tuileries ou de la Conférence. Il commence au bout du Pont-Royal, et finit à l’endroit où étoit anciennement la porte dont il a pris le nom. C’est de l’entrée de ce quai que partent, tous les jours, les galiotes de Saint-Cloud et de Sève.
Port aux Pierres. Il est situé vis-à-vis le Cours-la-Reine.
Quai de la Savonnerie. Il commence à l’extrémité du Cours-la-Reine, et finit à la barrière des Bons-Hommes. On le nomme maintenant quai de Billy et de la Conférence.
ANTIQUITÉS ROMAINES
DÉCOUVERTES DANS LE QUARTIER DU PALAIS-ROYAL.
Il a paru vraisemblable à plusieurs historiens de Paris que[645], sous la domination des Romains, la cité de Paris avoit commencé à étendre ses faubourgs sur la rive septentrionale du fleuve dont elle est entourée: à défaut de monuments historiques, des restes d’antiquités qu’on y a trouvés sur divers points et à diverses époques ont démontré jusqu’à l’évidence ce qui n’avoit d’abord été qu’une simple conjecture.
[Note 645: _Voyez_ Discours prélimin., p. xiij.]
Des débris de voies romaines, que le temps n’a point entièrement détruits, indiquent des communications établies avec plusieurs lieux environnants, tels que Clichi, Pierre-Laie, Pontoise, Saint-Denis, Pierre-Fite, etc.; et d’autres monuments qui ne peuvent exister que dans l’enceinte des villes, prouvent que cette partie septentrionale, depuis couverte de forêts et de marécages, étoit alors habitée: voici ce que l’on a découvert dans le quartier que nous venons de décrire.
Aquéduc de Chaillot. Cet aquéduc souterrain, dont les premières constructions étoient établies sur les hauteurs de Chaillot, et à la source des eaux minérales qui existent encore aujourd’hui dans cet endroit, traversoit l’emplacement des Champ-Élysées, et probablement celui qu’occupe aujourd’hui le jardin des Tuileries, pour venir aboutir au jardin du Palais-Royal. Les travaux que l’on faisoit en 1763 pour la formation de la place Louis XV procurèrent la découverte des canaux de conduite de cet aquéduc; et l’on découvrit en même temps à Chaillot un reste de maçonnerie antique qui avoit fait partie de ses constructions. M. le comte de Caylus a publié à ce sujet une dissertation[646].
[Note 646: Recueil d'antiq., t. II, p. 375.]
Bassins antiques du Palais-Royal. Ils furent découverts en 1781, lors des fouilles que l’on fit dans le jardin de ce palais pour établir les fondations de ses nouvelles galeries. Le premier, qui gisoit à trois pieds au-dessous du sol, et à l’extrémité méridionale de ce jardin, présentoit un carré de vingt pieds de dimension sur ses quatre côtés. Au même endroit furent trouvées des médailles d’Aurélien, de Dioclétien, de Posthume, de Magnence, de Crispe, de Valentinien Ier; ce qui semble indiquer une construction qui ne remonte pas au-delà du quatrième siècle.
Le second bassin, beaucoup plus vaste que le premier, et trouvé dans la partie septentrionale du même jardin, s’étendoit à cinq pieds sous terre, depuis le point de la galerie où est situé le café de Foi, jusqu’au passage de Radziville. Tous les deux étoient évidemment de construction romaine; et une circonstance assez remarquable, c’est que la direction de l’aquéduc, reconnue par M. de Caylus depuis Chaillot jusqu’à la place Louis XV, continuant d’être prolongée en ligne droite, seroit venue précisément aboutir au premier de ces deux bassins[647].
[Note 647: _Voyez_ Observ. sur quelques antiq. rom., etc., par M. _Bourignon de Saintes_.]
MONUMENTS NOUVEAUX
ET RÉPARATIONS FAITES AUX ANCIENS MONUMENTS DEPUIS 1789.
Palais-Royal. La cour de ce palais qui donne sur la rue Saint-Honoré et qui sert d’entrée à la partie de cet édifice qu’occupe M. le duc d’Orléans, doit être incessamment fermée au public; et à côté de cette cour il a été percé un nouveau passage formant une galerie qu’orne une colonnade d’ordonnance dorique. Ce passage, dans lequel on a pratiqué des boutiques, traverse le péristyle dont on avoit fait provisoirement, pendant quelques années, la bourse de Paris, et vient communiquer à la seconde cour que borne au nord la galerie de bois.
Au milieu du jardin, dont les deux extrémités sont ornées de tapis de verdure, s’élève une gerbe d’eau formant un jet d’environ dix-huit pieds de hauteur, qui retombe dans un grand bassin circulaire, et répand ainsi de la fraîcheur au milieu de cette promenade jusqu’alors peu agréable à cause de son extrême aridité.
Théâtre du Vaudeville. Ce théâtre a été élevé sur l’emplacement de l’ancien Vauxhall, vis-à-vis le Palais-Royal, et à l’entrée des rues de Chartres et de Saint-Thomas-du-Louvre qu’il borde des deux côtés. C’est un édifice qui, à l’extérieur, n’a pas d’autre apparence que celle d’une maison particulière. La salle qu’il contient est petite et n’a de même rien qui mérite d’être remarqué.
Palais des Tuileries. Toutes les constructions qui obstruoient la façade de ce monument, du côté de la place du Carrousel, ont été abattues; et le terrain qu’elles occupoient a été changé en une vaste cour qui s’étend jusqu’au premier guichet de la grande galerie, et que ferme une grille en fer d’un beau travail. Cette grille a trois entrées: la première au milieu et vis-à-vis l’arc de triomphe dont nous allons bientôt parler, les deux autres de chaque côté, et entre des massifs carrés en pierre formant piédestaux, qui supportent des statues colossales de Victoires, assises et entourées de divers attributs. Avant qu’on y eût placé ces statues, traitées dans le style de la décoration monumentale, les quatre chevaux de bronze antique enlevés à la ville de Venise avoient été élevés sur ces piédestaux.
Intérieur du palais. Cet intérieur a subi de grands changements dans sa décoration. Sous le vestibule on a pratiqué un nouvel escalier d’une belle architecture qui conduit d’un côté aux galeries supérieures de la chapelle et au théâtre, de l’autre à la salle des maréchaux. Ces diverses pièces ont subi, tant dans leur disposition que dans leur architecture, de grands et heureux changements. Les galeries au rez-de-chaussée du côté du jardin ont été décorées, sous toutes les arcades qui les composent, de statues antiques ou copiées de l’antique, représentant des personnages romains, matrones et sénateurs.
Jardin des Tuileries. Sans rien changer à la belle ordonnance et aux grandes masses de ce jardin, on l’a achevé dans quelques détails qui, jusqu’alors, avoient été négligés et qui en complètent la symétrie. C’est principalement du côté du pont tournant qu’ont été faits en ce genre les travaux les plus importants. L’orangerie a été abattue ainsi que les constructions qui obstruoient toute cette extrémité du jardin; et sur cet emplacement on a formé deux larges terrasses parfaitement symétriques, qui se dessinent en fer à cheval et viennent finir en pente douce des deux côtés du grand bassin. Ces deux terrasses ont été plantées d’arbres formant allées et bosquets; elles sont entourées de fossés du côté de la place Louis XV, et revêtues d’un mur solide en bossages. Chaque angle extérieur du parapet est orné d’un lion en marbre blanc.
Les deux autres terrasses dites des Feuillans et du bord de l’eau ont été plantées d’arbres. La première est fermée d’une grille toute semblable à celle qui termine la cour du château. Cette grille, qui s’étend depuis le pavillon Marsan jusqu’à l’extrémité du jardin, et qui forme ainsi l’un des côtés de la rue de Rivoli dans presque toute sa longueur, est soutenue de distance en distance par des piliers carrés sur lesquels on a placé des vases en marbre blanc d’une forme élégante. La terrasse du bord de l’eau est ornée de belles copies en bronze de quelques-unes des statues les plus célèbres de l’antiquité, le Laocoon, l’Apollon du Belvédère, l’Hercule Télèphe, la Diane de Versailles, etc. On communique du château à cette terrasse par une galerie souterraine; ce qui en fait une promenade particulière pour les princes, et que l’on peut isoler en un instant du reste du jardin, en fermant toutes les grilles dont elle est entourée.
Enfin tous les compartiments du parterre, jusqu’alors fermés seulement par des barrières en bois, ont été entourés de balustrades de fer; et plusieurs statues nouvelles en bronze et en marbre, ou modernes ou copiées de l’antique, ont été répandues autour des bassins, à l’entrée de ce parterre et sur la lisière du bois.
Grande galerie (côté du midi). À l’extérieur et dans toute la partie construite par Métezeau, il a été percé des arcades au nombre de vingt-huit, et établi dans le vaste rez-de-chaussée qui règne le long de ces arcades, des corps-de-garde et une orangerie. Dans toute la longueur de ce bâtiment jusqu’au pavillon de l’Infante, on a pratiqué dans le toit des jours qui éclairent la galerie intérieure où est exposée la collection des tableaux du roi, collection qui abonde en chefs-d’oeuvre de toutes les écoles, et que l’on considère comme la plus belle de l’Europe, tant par le nombre que par l’excellence des morceaux dont elle est composée. Des colonnes de marbre du plus grand prix, des bustes, des ciselures en bronze doré, forment la décoration de cette galerie magnifique. À son extrémité est le salon d’exposition des tableaux de l’école française, dont l’entrée donne sur un escalier du plus grand style. Cet escalier communique au musée des statues antiques, plus nombreux et plus varié que celui du Vatican, aussi riche peut-être en chefs-d’oeuvre du premier ordre, et qui se compose de toute la célèbre collection Borghèse, des antiques qui appartenoient anciennement au roi, et de beaucoup d’autres statues tirées de la Villa-Albani, du Vatican, et de plusieurs collections particulières. Ce musée comprend tout le rez-de-chaussée dont se composoient autrefois les appartements de la reine, ainsi que la fameuse salle du vieux Louvre dite des Cent-Suisses, que décorent les admirables sculptures de Jean Goujon.
Galerie (côté du nord). Cette galerie, parallèle à celle qui est connue sous le nom de grande galerie, construite sur les mêmes dimensions, et qui doit aboutir à la partie opposée du vieux Louvre, a été commencée, il y a environ quinze ans, du côté des Tuileries, et se prolonge en ce moment jusqu’à la rue de Rohan, offrant déjà une suite de vingt-une arcades, toutes semblables à celles de l’autre galerie qui sont en regard. La façade extérieure qui donne sur la rue de Rivoli se compose de croisées séparées par des niches destinées sans doute à recevoir des statues; au-dessus règne une longue corniche soutenue par des consoles. Tout cet ensemble a de la noblesse et de la simplicité, peut-être même trop de simplicité pour la demeure d’un grand souverain. L’intérieur de cette galerie est divisé en appartements destinés à être habités par des personnes que leurs emplois attachent à la cour.
Arc de triomphe. Ce monument, que Buonaparte fit élever en 1806, à la gloire, disoit-il, des armées françoises, et qui n’étoit réellement que le monument de son insolence et de son orgueil, n’a point été abattu depuis la restauration; et il existe encore ainsi que la colonne de la place Vendôme!…
Cette construction présente une largeur de soixante pieds sur quarante-cinq de hauteur. Sa profondeur est de vingt pieds et demi. Sa double façade se compose de trois arcades; et deux arcades percées dans chacune de ses faces latérales correspondent de l’une à l’autre et traversent les trois arcades de la façade. Huit colonnes de marbre rouge de Languedoc, d’ordre corinthien, enrichies de bases et de chapiteaux en bronze doré, ornent l’extérieur de cette composition; à l’aplomb de ces colonnes et au-devant de l’attique s’élèvent autant de statues de soldats français de diverses armes, dont les costumes forment, avec les bas-reliefs et les ornements traités dans le style antique dont les voûtes et les cintres des arcades sont couverts, une disparate qui n’est pas de très-bon goût. Ce sont des Fleuves, des Naïades, des Victoires, etc.; toutes ces sculptures ont été traitées d’une grande manière et avec une délicatesse très-rare d’exécution.
Six bas-reliefs en marbre blanc qui retraçoient les événements les plus remarquables de la campagne de 1805, décoroient les quatre faces de cet arc de triomphe. Ceux-là ont du moins été enlevés en 1815 pour ne plus jamais reparoître. Au-dessus de l’attique que surmontoit un double socle s’élevoit un quadrige qu’accompagnoient deux Victoires, et auquel on avoit attelé les quatre fameux chevaux de bronze dont nous avons déjà parlé. Ce quadrige attendoit la statue de l’usurpateur; il a été enlevé en même temps que les bas-reliefs. Le char et les Victoires en plomb doré étoient de la main de M. Lemot, et l’on y reconnoissoit le grand style, et la belle exécution de cet artiste célèbre.
L’église Saint-Roch. On a rendu à cette église quelques-uns des tableaux qui lui avoient été enlevés, entre autres celui du Doyen (la guérison des ardents), et celui de Vien (saint Denis prêchant la foi en France). Plusieurs chapelles ont été ornées de bas-reliefs, représentant des sujets tirés de la vie de N. S. par M. Desenne; et le même artiste a exécuté pour la chapelle du Calvaire un groupe du Christ au tombeau, dont l’exécution mérite des éloges. Saint-Roch possède encore plusieurs tableaux modernes qui lui ont été donnés par la ville de Paris.
On a de même rendu à cette église les monuments sépulcraux dont elle avoit été dépouillée, et l’on y a en outre déposé quelques-uns des monuments enlevés aux églises qui ont été détruites pendant la révolution, entre autres le tombeau du cardinal Dubois, et celui de Henri de Lorraine, comte d’Harcourt.
Marché Saint-Honoré. Ce marché a été ouvert et construit sur l’emplacement du couvent des Jacobins. Il est divisé en quatre compartiments couverts d’une simple toiture que portent des piliers de bois façonnés en colonnes; deux rues y communiquent de la rue Saint-Honoré et de la rue Neuve-des-Petits-Champs, et la place au milieu de laquelle il s’élève forme un carré entouré de maisons.
Colonne de la place Vendôme. Cette colonne, qui, nous l’espérons, disparoîtra un jour, pour l’honneur de la France, de la place qu’elle occupe, et la rendra à la statue équestre du grand roi, qui s’y élevoit autrefois, fut, de même que l’arc de triomphe, commencée par ordre de Buonaparte après la campagne de 1805, et finie seulement en
Looking for comments…
Searching Nostr relays. This may take a moment the first time this article is opened.
Looking for comments…
Searching Nostr relays. This may take a moment the first time this article is opened.